«La signature de ce contrat entre le Servette FC et la Fondation du Stade de Genève règle tous les problèmes de financement», résume dans un large sourire Mark Muller, conseiller d'Etat en charge du Département des constructions. Pour le magistrat, il devenait urgent de garantir la pérennité des lieux et de sortir des empoignades politiques autour de la gestion du Stade et de son subventionnement par l'Etat.
Fruit des mauvaises expériences du passé, les négociations entre la Fondation du Stade de Genève (FSG), l'Etat et le club grenat ont été âpres. «De ma vie, j'ai rarement eu un contrat aussi difficile à signer», reconnaît volontiers Majid Pishyar, président du Servette FC. Si ce dernier peut désormais exploiter l'enceinte ce ne sera pas à n'importe quelles conditions. «Nous voulions absolument lier l'infrastructure avec le club phare du canton mais aussi nous prémunir des problèmes financiers sur la durée», explique Benoît Genecand, président de la FSG. «Le club s'est ainsi engagé à maintenir le Stade en l'état.» Coût annuel d'entretien estimé à environ 750'000 francs. Contractuellement, Servette versera aussi à la FSG une redevance annuelle de 150'000 francss. «Pour en garantir le fonctionnement», explique Benoît Genecand. Qui rappelle «que la FSG reste propriétaire du bâtiment et que le club devra aussi se donner les moyens de retrouver rapidement l'élite du football suisse.» Reste que parmi les clauses suspensives, on notera que le contrat pourrait devenir caduc si M. Pishyar s'en allait.
Mais que compte faire l'homme d'affaires iranien de ce bijou qui a coûté près de 120 millions de francs au contribuable? «Sportivement, suivre l'exemple victorieux du Servette du passé. J'aimerais aussi doter Genève d'une académie du foot», clarifie-t-il. Pour cela, il s'est d'ores et déjà attaché les services de l'ex-international brésilien Rai. Le champion du monde 1994 sera conseiller technique du club.Sur le plan de l'exploitation, il s'agira avant tout de passer «d'un usage monofonctionnel à celui polyfonctionnel», résume David Pivoda, vice-président du Servette FC. Autrement dit, de générer des revenus bien au-delà du seul volet foot. Musée, boîte de nuit, crèche, restaurant, concerts et autres animations devraient permettre de remplir les caisses. «Même si tous les modèles nous montrent que l'exploitation d'un stade ne rapporte pas d'argent», souligne un proche observateur. Qui ajoute: «J'espète que Majid Pishyar a les moyens de ses ambitions.» n
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