Nos élus ne connaissent pas les PME

Par Pascal DECAILLET,

Un ministre est-il là pour regretter?

ÉCONOMIE • Entreprendre, c'est avoir peur. Mais oser quand même. Parier, investir. Travailler sans compter. La plupart de nos députés, hélas, ignorent tout de cet état d'esprit. Ce qui les rend peu compétents – et peu crédibles – lorsqu'ils s'expriment sur les sujets économiques.
Les PME: ils n'ont plus que ce mot à la bouche. De la gauche à la droite, les politiciens qui viennent réagir sur l'affaire Merck Serono sont unanimes à dénoncer l'emprise de la finance spéculative sur la vie de nos entreprises, en quoi ils ont d'ailleurs parfaitement raison. Unanimes, aussi, à chanter les louanges des PME. Là aussi, ils ont raison. Le problème, c'est qu'une fois énoncée la vertu incantatoire du mot «PME», combien sont-ils, parmi nos élus, à savoir véritablement de quoi il s'agit? Combien d'entre eux connaissent, de l'intérieur, la part de risque, de peur au ventre, du métier d'entrepreneur? Très peu! Presqu'aucun! Et c'est un sacré problème pour leur crédibilité en matière économique. INDÉPENDANCE Les PME sont le souffle de vie de l'économie suisse: plus de 90% de notre tissu. Certaines d'entre elles ne comptent qu'une personne, ou deux, ou trois: les mépriser, sous prétexte de leur petite taille, c'est ne rien comprendre à la nature même de l'aventure économique. A partir du moment où un humain, avec des compétences et un savoir-faire, décide de quitter son statut d'employé pour lancer sa boîte, il passe réellement de l'autre côté. Un autre monde! L'aspect génial, c'est l'indépendance: être son propre patron. Avoir son bureau, pouvoir créer des emplois. Le revers, c'est la trouille, jour et nuit, de ne pas avoir assez de mandats, ne plus pouvoir payer les frais généraux, perdre sa santé. Car l'indépendant, s'il est employeur, veille à assurer ses collaborateurs contre le chômage, et paye la part patronale de la cotisation, mais n'a pas, quant à lui, le droit d'y cotiser! Donc, en cas de gros pépin, le pire peut advenir. Et la possibilité, toujours, du pire, occupe l'esprit du petit entrepreneur.IGNORANCE Un état d'esprit, oui. Combien sont-ils, au Grand Conseil, à pouvoir le comprendre? Quelques-uns, oui. Mais pas beaucoup. Pour combien d'employés, dont les salaires tombent tous les mois! Alors, sans trop savoir, on se pointe sur les plateaux, on chante la gloire de la PME, mais en réalité on n'y connaît rien! Combien sont-ils à savoir boucler un budget d'entreprise, un compte de pertes et profits? Et nos conseillers d'Etat, avec la régularité métronomique et mensuelle d'un mirobolant traitement, puis d'une retraite dorée? De quelle autorité vécue viennent-ils parler du monde des entreprises? L'argent qu'ils dépensent, bien ou mal, c'est celui des contribuables. Les collaborateurs qu'ils engagent, c'est aux frais du contribuable. Le matériel dans lequel ils investissent, c'est avec les deniers des contribuables. Alors oui, certains de nos ministres sont peut-être de brillants administrateurs, ce qui n'est certes pas rien. Mais, désolé, pas pour autant des entrepreneurs.RISQUE Au final, le risque est énorme de se retrouver avec des ministres chefs de gare. Ils regardent passer les trains. «Regrettent» les licenciements, les délocalisations, les drames du type Merck Serono. Regrettent! Mais enfin, un ministre est-il là pour «regretter», s'inquiéter? Et non pour anticiper, innover, forcer le destin? A méditer, tous partis confondus, et quelles que soient nos sensibilités politiques. Lorsqu'il s'agira, l'automne 2013, de renouveler nos autorités cantonales. «Les PME sont le souffle de vie de l'économie suisse»

RÉAGISSEZ!

Bravo M. Décaillet. C'est

Bravo M. Décaillet. C'est effectivement un non sens consternant que ces personnes là ne puissent pas avoir les mêmes droits que tout le monde.

Quant à renouveler nos autorités cantonales... par qui ? Moi je ne vois strictement personne qui ait deux sous de bon sens et surtout... un sens holistique de la politique.

Nos gouvernements ne sont tramés que sur un tissu d'inepties. Il y aurait tant à dire sur la façon dont l'argent du contribuable est dilapidé sans aucun sens des responsabilités dans tous les domaines, par défaut de compétence et d'intelligence.

Non seulement ils ne nous

Non seulement ils ne nous connaissent pas, mais ils rétribuent à prix fort une armée de kmers rouge prêts à coller une contravention pour la minute de parking en retard sans aucune compréhension si ce n'est la rentabilité. Alors nous voici obligés d'acheter des macarons journaliers à 20 balles pour la journée. La seule ville au monde ou l'on doit payer aussi cher pour travailler, où il est impossible de se loger, mais dans laquelle on a la chance d'avoir beaucoup de projets comme des nouveaux wc et poubelles publiques hors de prix, le fruit d'une grande ambition politique pour l'avenir de cette ville. Continuez de votez pour eux, afin d'obtenir l'an prochain le papier pour les wc à 330'000 Frs !

Merci et encore merci pour

Merci et encore merci pour cet article, enfin quelqu'un qui ose dire certaines vérités ! Ouf ! en effet, j'ai personnellement été une de ces chefs d'entreprises, un jour j'ai eu un pépin de santé nécessitant une opération chirurgicale, j'ai fermé mon activité parce que cet accroc m'a coûté mes économies. Rien n'est fait pour soutenir les PME à Genève ! RIEN ! J'ai été auditionnée par la commission économique de notre canton et demandé que les chefs de PME ou les free-lance puissent bénéficier d'un coup de pouce en cas de problème de conjoncture ou simplement parce que parfois il faut cesser son activité. J'ai obtenu un droit au chômage de 6 mois pour ces personnes ignorées. Pourtant comme vous le dites si bien, c'est une majorité de nos emplois qui sont créés par ces micro entreprises. Quant au CV quand vous avez été indépendant plusieurs années et que vous avez réussi, les recruteurs vous expliquent que vous faites peur, question de mentalité ! En vérité nos élus n'y comprennent pas grand chose, ont ils eut à gérer, à décider, à choisir, à embaucher, à débaucher, à poursuivre, à négocier, à improviser chaque jour ? la réponse est non. Chez nous il faut être un gentil esclave, faire ses heures, ne pas trop s'exprimer, ne pas innover, faire profil bas et attendre... la retraite ! C'est bien dommage parce que dans cette étrange cité se cachent de nombreux talents qui ne demandent qu'à éclore. A bon entendeur !

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