«Nous demandons à Pierre Maudet et au Gouvernement de mettre en œuvre toutes les mesures adéquates permettant de rétablir la sécurité, l'ordre et la santé publique dans le quartier de Plainpalais dans les meilleurs délais.» Le libellé de cette pétition qui circule depuis le 23 juillet dans les commerces de l'avenue du Mail et de la rue de l'Ecole-de-Médecine, émane d'habitants, de commerçants et de clients qui n'en peuvent plus de la constante dégradation de la qualité de vie depuis ces trois dernières années dans le quartier Plainpalais. «Il y a déjà eu pas mal de pétitions concernant l'insécurité, note un patron de bistrot. Mais cette nouvelle pétition passe au niveau supérieur. Cette fois elle exige que le nouveau patron de la sécurité cantonale, mette en action son discours politique, et agisse au plus vite!»
Les résidents et travailleurs en ont plus que marre du trafic de cocaïne qui se déroule sous leurs fenêtres, derrière leurs portes. Ils ne veulent plus être les victimes de vandalisme, d'agressions. Ils ne souhaitent pas que leurs enfants soient atteints dans leur santé à cause de seringues sanguinolantes abandonnées et de boulettes de cocaïne dissimulées dans du mobilier urbain. Ils disent stop au matériel de toxicomanes déposé dans leurs boîtes aux lettres. Le quartier de Plainpalais où se juxtaposent bars et petits commerces populaires ouverts tard le soir, est devenu le QG des vendeurs africains de cocaïne. Et cela ne peut plus durer.
Serveur dans un restaurant de l'avenue du Mail, John (prénom fictif), témoigne de la situation qui s'est gangrenée à Plainpalais depuis trois ans: «J'ai vécu dans les favelas, et je vous assure, j'avais moins peur le soir au Brésil qu'à Genève! Ici on achète de la coke comme des bonbons. On se fait agresser par des toxicomanes en manque. On reçoit un coup si on ne donne pas de clopes, on récupère notre véhicule endommagé!» Un patron de restaurant renchérit: «Je travaille et j'habite Plainpalais. J'ai trois enfants et je vous assure, j'ai peur le soir, tant la faune qui y traîne est malsaine. Il y a dix jours, on m'a saccagé ma terrasse. Des toxicomanes ont jeté les tables et les chaises sur la route. Mon restaurant a aussi été cambriolé, on m'a cassé des vitres, forcé une porte… Et cerise sur le gâteau, la semaine dernière, c'est ma voiture garée dans un parking sous-terrain qui a été vandalisée!»
Le chef de la sécurité n'a pas eu encore vent de cette pétition, qui semble être la première depuis sa reprise du dicastère de la police cantonale. «Depuis son entrée en fonction à la police cantonale, Pierre Maudet s'est déjà rendu sur place pour se faire une idée, détaille Laurent Forestier, secrétaire général adjoint responsable de la communication au Département de la sécurité. Mais il entend prendre en compte cette question dans le cadre de la problématique globale de la sécurité à Genève. Son approche consiste d'abord à dresser un état des lieux, puis à analyser la situation, après quoi il établira une stratégie et un plan d'action, qu'il communiquera à la fin de l'été.»
«J'ai vécu dans les favelas, et je vous assure, j'avais moins peur le soir au Brésil qu'à Genève!
Serveur dans un restaurant de Plainpalais
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